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CHEMIN DE CROIX TERMINOLOGIQUE À LA CROIX

Publié le 29 novembre 2012

par Philippe Grauer


AVERTISSEMENT

On lira avec profit cet article dans sa version originale pourvue de tous les hyperliens renvoyant aux définitions de termes à partir d’un lexique constitué (bonjour l’informatique !). Bientôt nous aurons le plaisir de mettre à votre disposition un texte bien transcrit.


les limites de l’univers restreint d’un seul titre

Claire Lesegretain dans le supplément hebdomadaire Sciences & éthique de La Croix du 20 novembre 2012, agrémenté d’une contribution de Bernard Accoyer lui-même [1], se meut tendancieusement dans l’univers de référence du seul nouveau titre de psychothérapeute, dont elle décline les mérites, dont les tenants sont répertoriés Adeli. Cet univers restreint d’un seul titre avoisine celui d’un dispositif alternatif, pratiquement occulté dans ce cahier de présentation non pas d’une mais de quatre professions psys, indispensable pourtant à qui désire s’orienter dans le maquis des désignations et références des nombreuses entités locataires du Carré psy.
le panneau psychothérapie relationnelle

En fait il s’agit toujours de protéger et diffuser l’unique univers de référence du titre paramédical de psychothérapeute, essentiellement de type cognitiviste au dire de l’autrice de l’article, les ténèbres extérieures étant décrites comme impénétrables. Il suffit pourtant d’une simple lampe de poche pour s’y retrouver, en regardant le panneau indicateur psychothérapie relationnelle®. Mais voilà, nos journalistes de La Croix, le panneau, ils sont tombés dedans, alors ils l’ont pas vu. Pourtant le président de la FF2P a bien dû leur en toucher un mot. Péché par omission ?
titre alternatif : aux abonnés absents

La terminologie approximative qui découle de ce mode d’appréhension falsifie la réalité, théorique et de terrain. Le travail critique que nous avons effectué vous invite à lire le texte de la journaliste en gardant en mémoire ce dont nous commençons par vous avertir ici. Nous espérons que vous y survivrez et que notre analyse vous permettra de cheminer sans vous prendre les pieds dans le fil d’Ariane que nous vous proposons dans le labyrinthe psy dont on vous fournit un plan affichant au centre le Minotaure médico psychologique libellé titre de psychothérapeute, avec à la sortie le titre professionnel alternatif de psychopraticien relationnel®, dispensateur d’un soin non médical, de type humaniste et intersubjectiviste.
une carte complète et non trafiquée

Vers quel psy se tourner ? titre en conclusion fallacieusement notre journaliste. Vers l’une des quatre grandes familles psys comme nous le décrivons et démontrons, vers l’un des deux grands champs épistémologiques, le médical et paramédical, prescriptif, objectiviste et scientiste d’une part, celui de la dynamique de subjectivation regroupant la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle d’autre part. Des deux côtés des titres garantis, l’un par l’État, l’autre, alternatif historique, par la profession. Vers quel journaliste se tourner devrons-nous ajouter, pour disposer de repères non naufrageurs ? C’est muni d’une carte complète et non trafiquée que le public s’orientera au mieux de ses besoins sur le territoire de la psycho diversité, sans perdre ni le nord ni sa sécurité.
Classification aberrante

a)
si psychiatres + psychanalystes + psychologues (professions et/ou disciplines) = psycho-thérapeutes (titre d’État).

On ne peut leur additionner eux-mêmes : psychothérapeutes, soit à nouveau psychiatres, psychanalystes, psychologues, la même chose dite autrement (la liste des constituants disciplinaires et professionnels du titre à quoi on ajoute le même titre d’exercice qui les résume et comprend) pour livrer la ligne hétéroclite fautive suivante :

[psychiatres, psychanalystes, psychologues, psychothérapeutes] [2]

l’écriture correcte serait :
psychiatres, psychologues, psychanalystes [3] / psychopraticiens relationnels®.

Cette dernière dénomination n’est pas encore parvenue à La Croix, les voies du Seigneur étant non seulement impénétrables mais parfois lentes. On est patients, on attend que la réalité sur le terrain et la vérité se manifestent. D’abord se tient le discours des psychothérapeutes seuls au monde, ensuite le monde se rend compte que les psychopraticiens existent, et que les psychopraticiens relationnels ont construit un titre professionnel paradigmatique [4].

b)
le terme psychopraticien s’emploie à présent pour désigner les ex psychothérapeutes, population aux contours mal délimités en effet,

psychopraticiens relationnels désigne le sous-ensemble, obtenu par une sélection autoréglementée au sein de l’ensemble psychopraticiens. Ce sous-ensemble clé, qui met en place une profession et une discipline clairement structurées, garantie par les quatre institutions historiques responsables reliées dans le cadre du GLPR – Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle, précisément –, fait alternative au bloc paramédical regroupé sous le titre de psychothérapeute, objet psy non identifié par l’autrice de l’article.
carré psy pour se caler

Déjà que les psychanalystes (discipline) par ailleurs à 95% [5] psychiatres ou psychologues, se réfèrent donc à une profession annexe, et à une autre discipline (par exemple la psychologie clinique, procédant de la psychologie) [6]), la terminologie et la classification peinent à rendre compte de cette double articulation dans le cumul. On ne saurait tout à fait en vouloir à l’autrice, l’univers du Carré psy, auquel nous ne saurions trop lui recommander de se référer, est véritablement complexe, tissé de professions, disciplines, méthodes, entremêlées. Toutefois il reste de sa responsabilité d’éclairer l’opinion en enquêtant dans toutes les directions.
"quelque difficulté à se retrouver"

On déplorera qu’elle reste prisonnière de sa formulation défectueuse. On éprouve quelque difficulté dit-elle à "se retrouver dans le paysage complexe du soin psychique, entre psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes, psychopraticiens et autres gestalt-thérapeutes ou somatothérapeutes." C’est qu’à partir de sa première bévue consistant à additionner

l’ensemble psychiatres, psychologues, psychanalystes avec lui-même : psycho-thérapeutes,

en ajouter une seconde consistant à confondre
a) les représentants d’une profession ouverte, au champ disciplinaire mal défini, les psychopraticiens,
b) avec des représentants de méthodes (en sautant la marche de la discipline), spécialités ou écoles quant elle écrit : "psychopraticiens et autres gestalt-thérapie, somatothérapie..." ;

le comble est atteint quand on sait que "gestalt-thérapie, somatothérapie.." est à son tour piégé :
a) la gestalt-thérapie relève de la SFG, Société française de gestalt-thérapie, membre de l’AFFOP, Association fédérative française des organismes de psychothérapie relationnelle et psychanalyse, qui soutient le titre alternatif de psychopraticien relationnel® et se revendique de la discipline nommée psychothérapie relationnelle. Ainsi la gestalt-thérapie faisant partie de la discipline psychothérapie relationnelle, ses membres titulaires s’affichent psychopraticiens relationnels®, spécialité gestalt-thérapie. C’est complexe mais c’est ainsi.

b) ce qui n’a rien de commun sinon peut-être l’appellation de psychopraticien (nom de métier), avec les somatothérapeutes (nom de méthode), renvoyant à une fédération "méthodiste" autoréférée. Là pas de titre professionnel garanti GLPR.

À ce petit jeu on finit par lister des éléments disparates, ne relevant pas du même ordre, non additionnables. L’autrice a raison, là on est définitivement égaré – un peu par ses soins tout de même.
récapitulons sans capituler

psychiatres + psychanalystes + psychologues (professions & disciplines) = psychothérapeutes (titre). En français facile : les trois premiers mots en italique désignent des praticiens habilités à porter le titre de psychothérapeute.
psychopraticien (nom de métier) = "gestalt-thérapeute, somatothérapeute…" (noms de méthode). Sauf que le jeu des emboîtements déboîtements révèle que le gestalt-thérapeute relève de la psychothérapie relationnelle – discipline – et porte le titre de psychopraticiens relationnels® (système Affop), et non le somatothérapeute, seulement psychopraticien (nom de métier. Sauf celui qui peut revendiquer le titre de psychothérapeute).
psychopraticien relationnel® (Snppsy, Affop), psychopraticien certifié (FF2P), psychopraticien agréé (Psy’G), les trois titres professionnels garantis par le GLPR, ignorés de Claire Lesegretain.

Faut-il enfin rappeler que le cadre de psychopraticien relationnel répond aux Cinq critères, dont bien entendu une supervision régulière ?
psy sans guillemets mais avec exactitude

Délicat de prendre la responsabilité de décrire un champ professionnel en dispensant des conseils orienteurs si on s’y perd un peu, ou si on vous balade. Ce qui est compréhensible si l’on est de parti pris mais rien à faire les lecteurs de La Croix ont droit à une information exacte.

La terminologie approximative de ce texte rend manifeste la complexité de notre champ professionnel, comme la préférence inductrice de l’orientatrice. On comprend une fois de plus que découragé le public préfère encore dire je vais voir mon psy. Cela dit arrêtons avec les guillemets qui folklorisent un mot déjà bien entré dans la langue.
titre, profession, discipline, pratique, méthode

"Ce titre recouvre des pratiques très différentes" exact et cependant insuffisamment, pour cause de formulation approximative. Le titre de psychothérapeute donne le droit d’exercer (en particulier mais pas seulement à l’hôpital). L’exercice professionnel s’adosse à un ou plusieurs champs disciplinaires. Dans ce cadre les "pratiques [7]) très différentes" renvoient à des méthodes (éléments constitutifs de disciplines).

Les psychopraticiens relationnels que nous sommes nous efforçons de distinguer clairement tout cela. Enjeu de taille pour une profession et discipline spécialisée dans la question de la détermination de l’identité obligée de fournir un référencement net à propos de sa propre identification. Un signe distinctif particulier : nos psychopraticiens relationnels ont tous effectué une long parcours psychothérapique ou psychanalytique eux-mêmes, ce faisant ils répondent au Cinq critères, ce que l’université ne requiert nullement de ses psychothérapeutes.

Dernière inexactitude, "les psychothérapeutes professionnels qui ne sont ni médecin, ni psychanalyste, ni psychologue" relèvent à présent d’une catégorie inexistante depuis 2010 [8].
profession de santé non médicale

Enfin le cadre disciplinaire de la psychothérapie relationnelle en fait une profession de santé non médicale, tournant résolument le dos à la médicalisation de l’existence. Comme on dit sans doute souvent à La Croix l’homme ne vit pas seulement de pain, ni de médicaments. Mais de la parole (de Dieu, autre problème, hors du champ psy). Ceci en contradiction avec la revendication conclusive de l’article, parfaitement licite et compréhensible chez un tenant de la médicalisation de l’existence, mais ne s’appliquant pas à notre tout aussi parfaitement licite et antagoniste champ disciplinaire. C’est que nous nous attachons vigoureusement à ne pas confondre malaise et maladie. Cela n’empêche pas le travail en réseau bien au contraire, avec les psychiatres.
paradigme maintenu

À présent entamez la lecture de l’article qui suit sans vous faire embarquer dans une description, une orientation et un système de repères incorrects. La terre n’est plus plate et le carré psy tourne à bon régime. Le titre de psychothérapeute n’a pas fait disparaître le paradigme dans lequel il prend place. La psychothérapie relationnelle n’a pas disparu même si Madame Lesegretain partie à sa recherche l’a reperdue en rentrant à La Croix.
voir également

Roland Gori, Personne n’est mieux protégé qu’hier des charlatans, précédé de "Peut-on continuer de nous ignorer en restant honnête ?" par Philippe Grauer

Philippe Grauer, Psychothérapie : "cette loi ne change pas grand-chose" ?

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