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Ensemble, ouvrons un nouveau chapitre de notre discipline et profession

Publié le 27 mai 2010

Le texte du Décret n° 2010-534 - comportant annexe se consultant sur notre site comme vous pouvez le constater, voici quelques premières remarques rhapsodiques.

En catimini

Ce texte (auquel il manque des arrêtés complémentaires à venir, attenants aux articles 5, 8, 12) fut élaboré en catimini dans la dernière partie de sa trajectoire institutionnelle, depuis son dépôt sur le bureau du Premier Ministre. Nouveau principe pas forcément démocratique, on traite le dossier, pas les interlocuteurs. Nous sommes parvenus à prendre connaissance à temps du projet envoyé au Conseil d’État et avons diligenté nos remarques à la Haute Assemblée. Nous ignorons à ce jour quelles furent ses délibérations et conclusions.

Nos clés confiés aux autres

Le résultat fournit un texte publié très proche de celui proposé au Conseil d’État. La loi fournit les clés du titre générique de psychothérapeute à qui en veut ou n’en veut pas parmi les trois autres locataires du Carré psy, à l’exception notable des fondateurs du titre.

À titre exclusif

Un certain nombre de conditions pas trop difficiles à remplir a priori est listé par catégories professionnelles, les psychothérapeutes à titre exclusif (n’étant titulaires d’aucun des titres universitaires ouvrant un accès facile au nouveau titre) exerçant depuis plus de cinq ans étant relativement bien traités par le texte. Il faudra voir sur le terrain. Voyez déjà au § Grand-parentage ci infra.

Changement de nom rafraichissant

Les étudiants de nos Écoles agréées Affop et SNPPsy devront se rendre à l’évidence prévisible qu’un changement de nom ne leur fera pas de mal, en tout cas moins que l’usurpation de titre, absolument pas recommandable, ni éthiquement ni pénalement (un an de prison, 15 000 euros d’amende — art 433-17 du Code pénal). Certaines d’entre elles dispensent dès à présent des diplômes aux noms déposés ® qui les mettent en conformité avec la loi.

Une politique élaborée de longue date

De longue date nous avons réfléchi à la question du nom, replacée dans le cadre historique du remaniement en cours de l’ensemble du champ des professionnels du psychisme et des conflits épistémologiques et idéologiques relatifs plus généralement à la santé et au concept remarquablement polysémique de soin et de thérapie. Notre Rapport moral et politique adopté à l’unanimité lors de notre dernière Assemblée générale constitue là-dessus une référence incontournable. Nous mettrons résolument en œuvre ses principes et résolutions.

On s’en occupe

On ne se bouscule pas, le calendrier est déjà en place. Le GLPR [1] constitué à notre initiative sur la base d’un vigoureux effort commun, se réunit le 10 juin. Le SNPPsy tient pour commencer une réunion ouverte à tous à Paris le 3 juin au matin, s’occupe de faire le nécessaire dès à présent auprès des Pages jaunes, c’est une affaire qui marche. Nous avions déjà prévu notre changement de nom c’est affaire de jour. Psychosouciologues ou tout autre appellation, nous saurons nous identifier et faire repérer par ceux qui se soucient de nos critères de qualité professionnelle et qui nous suivent de toute façon, sachant ce qu’ils font et ce qu’ils continuent de vouloir en continuant de s’adresser à nous.

"Psychothérapeute" d’État paramédicalisé : une appellation devenue peu enviable

Un travail de débat et de communication sera nécessaire pour populariser notre nouvelle appellation. Le titre générique de psychothérapeute se trouvant vidé de son sens, que la médecine, la psychologie et pour partie la psychanalyse (n’oublions pas que la politique de la psychanalyse fut depuis vingt ans de recruter chez les psychologues) s’y glissent comme Bernard Lhermites nous importe peu. Tel qu’il est devenu, tel qu’ils se le sont taillé sur mesure pour médicaliser l’existence, paramédicaliser, comportementaliser et cognitiviser le psychisme, le titre de psychothérapeute d’État est-il si enviable ?

Grand-parentage

Un certain nombre de conditions pas trop difficiles à remplir a priori est listé par catégories professionnelles, les psychothérapeutes à titre exclusif (n’étant titulaires d’aucun des titres universitaires ouvrant un accès facile au nouveau titre) exerçant depuis plus de cinq ans étant traités comme auraient dû l’être, c’était la première proposition Xavier Bertrand, vite dédite, l’ensemble des élèves de nos Écoles agréées. L’injustice criante est là, de ne tenir aucun compte de nos lieux de formation et d’agrément professionnel. On le sait, la loi le spécifie, il faudra qu’elle reçoive d’importantes modifications, ça c’est l’avenir.

Pour l’instant la loi dit que les grands parents, pour figurer au Registre national (on ne s’affole pas il n’existe pas encore) il leur faut 400 heures de psychopathologie clinique (il faudra les effectuer où au juste ? dans un institut de psychopathologie à eux) et cinq mois de stage (attendez, ça n’est pas organisé) [2], pas un établissement de formation à la psychothérapie — on ne mélange pas tout !

Commissions guillotines

Ces grands-parents disposeront de ces dispositions transitoires, même s’ils ne remplissent pas les conditions exigées pour leurs successeurs. Certes. C’était dans la loi. Mais celle-ci les soumet ces grands parents d’au moins cinq ans d’exercice en qualité de psychothérapeutes aux Commissions régionales composées de représentants des … trois autres professions, qui se feront un plaisir d’examiner de très près leur candidature si vous voyez ce que ça peut vouloir dire. Nous avons déjà fait l’expérience des Commissions guillotines un peu après la loi Évin (1986).

De plus, les praticiens grands-parents disposent d’une année pour poser leur dossier, les modalités de constitution du dossier n’étant pas encore définies, ni les dates de tenue des Commissions d’évaluation (sans parler de la difficulté de les constituer, telles que définies par la loi, à l’exclusion des psychothérapeutes à titre… exclusif). Dans un délai rétréci et un flou élargi, sachant par ailleurs que la non réponse sous six mois vaut refus, que la fête commence !

Et de toute façon de nombreux grands-parents sont tout de même punis de psychopathologie alors que leurs écoles agréées par nos soins leur en auront déjà dispensé bien davantage. On le sait, on se désole ou on se réjouit de rester tranquille sous un nom bien à soi à continuer de travailler sérieusement, on milite pour que ça change, on se syndique car il faut soutenir sa cause dans un environnement législatif injuste et corporatiste hostile, mais avec la faveur du public jusque là jamais démentie.

Comme un gant à leur main

Notez surtout que le titre est en fait réservé à des professionnels auxquels on aura administré des savoirs théoriques, de la psychopathologie clinique neuroscientiste, du comportementalisme, agrémentés d’une once de sensibilisation à des approches. Ce titre ira comme un gant aux psychologues, il définit une autre aire disciplinaire, une profession différente, une autre "approche" comme ils disent. Il faut en effet pour accéder aux formations complémentaires être déjà psychologue (M2), médecin, psychiatre évidemment, psychanalyste (M2 à Paris 8) régulièrement inscrit sur son registre etc. mais déjà en fait psychologue : ça tourne en rond, c’est fait exprès.

Dilution d’âme

Remarquez que nous avons gagné quelque chose dans l’affaire : les 400 heures "pour tout le monde" sauf dérogations (psychiatres) comportent une sensibilisation de 100 heures (oui vous avez bien lu) aux grands courants contemporains de la psychothérapie générique. Ainsi, on ne pourra plus dire par exemple de votre généraliste qu’il n’y connaît strictement rien à la psychothérapie, il en connaîtra aux alentours d’un vingtième. Même pas un supplément d’âme, juste une dilution.

Notre "inexistence" comme base de liberté

Notre spécificité n’est pas reconnue ("la psychothérapie ça n’existe pas"), donc pas spécifiée. Vive notre liberté ! nous ne sommes exclus que de la jouissance de notre titre, à charge pour nous de nous intituler comme nous l’entendrons. Au moins, dans notre cour à nous nous pourrons jouer aux jeux que nous sommes les seuls pratiquement à connaître, constituant la psychothérapie relationnelle. Nous pourrons exercer dignement selon nos critères, nos savoirs, savoir faire et savoir faire être, selon notre éthique. Nous pourrons continuer de faire advenir autrui à soi-même par nos méthodes propres et appropriées. Nous pourrons continuer d’œuvrer à l’enseigne de nos Cinq critères, qui ont jusqu’ici reçu et mérité l’aval du public. Nous pourrons continuer, il le faudra impérativement, à transmettre notre précieux et unique savoir dans nos Écoles, seuls lieux de formation possibles pour soutenir notre paradigme novateur, tout simplement notre désir, et le besoin et désir de ceux qui ont bien raison de continuer à nous faire confiance dans l’espace à la fois intime et citoyen de leurs séances.

Double casaque

Ceux d’entre nous qui voudront et pourront courir sous double casaque, dans nos professions cela se porte beaucoup la casaque bicolore, le feront s’ils le souhaitent, nous les y aiderons. Vidé de son contenu leur titre risque de ne pas faire beaucoup d’envieux chez nous. Nous verrons bien.

Alterpsys

Pour tenir au cœur du changement en cours, nous disposons de la consistance institutionnelle et résolution politique du SNPPsy. Avec ses alliés, avec l’Affop à laquelle il appartient, en concertation avec le GLPR, il met en œuvre la politique professionnelle et citoyenne qui va nous permettre de rebondir mieux encore, comme les alterpsys ayant effectué eux un long travail sur eux avant d’entreprendre de conduire des séances, s’étant fait légitimer par des praticiens expérimentés dans le cadre du Cinquième critère, des professionnels qu’on peut dire au sens fort du terme, de confiance.

Regroupons-nous, renforçons-nous

Surtout, face à ce qui arrive, ne pas rester seul/e. Rejoignez-nous, renforcez-vous renforçons-nous, pour ouvrir un nouveau chapitre réussi de l’histoire de notre profession novatrice, exigeante et émergeante. Continuons sur la lancée qui est la nôtre depuis quarante ans. Ensemble gagnons la prochaine bataille de notre bonne et juste psychothérapie relationnelle. Bref, l’aventure commence, se poursuit plutôt, vive elle, vive nous, au service du public et de la nécessaire psychodiversité dans la rigueur et la relation !

Philippe Grauer

Président du SNPPsy


complément

Quelques éléments d’histoire.

lot de consolation

cet extrait de la Newsletter de la FF2P dresse l’inventaire des éléments positifs de la loi assortie de son décret, peu de chose en vérité à quoi se raccrocher :

" Parmi les éléments positifs de la loi et du décret, on peut souligner :

- Un effet de dissuasion contre les charlatans autoproclamés, sans formation sérieuse ;

- la reconnaissance du principe de formations privées (sous réserve d’accréditation) ;

- l’inclusion dans le programme dit de "psychopathologie" de 100 h d’information sur "les principales approches utilisées en psychothérapie" ;

- la possibilité pour tous les candidats d’être entendus, à leur demande, par les Commissions régionales ;

- les modalités d’appel ;

- des dérogations possibles pour les psychothérapeutes [relationnels] en fonction depuis plus de cinq ans ;

- un délai d’un an pour poser sa candidature ;

- un délai de 4 ans pour effectuer une formation complémentaire éventuelle."

Notes

[1Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle : SNPPsy, Psy’G, les deux syndicats historiques, AFFOP et FF2P, les deux fédérations historiques, ensemble les quatre organisations responsables de la profession depuis près d’un demi siècle.

[2Cela veut dire que la loi considère qu’une année de formation (pas vraiment dans nos domaines, qu’ils ignorent massivement) complémentaire transforme en psychothérapeute d’État tout praticien d’une autre discipline que la nôtre en matière de psychisme. Exemplaire fonctionnement d’un principe d’équivalence inique : une année universitaire + un stage = cinq de chez nous (sans compter nos propres stages). Et ce serait nos Écoles qui manqueraient de sérieux.

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