SNPPsy

Psychopraticiens
Psychothérapeutes
Psychanalystes
Psychologues
Médecins
Psychiatres

Actualités

L’année des retitrages

Publié le 23 novembre 2011

SNPPsy – Syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse

ASSEMBLÉE GENÉRALE DU 18 NOVEMBRE 2011

Philippe Grauer

Rapport moral

L’année des retitrages


maturation et mutation

Notre profession a changé de nom deux fois successivement sans se rendre totalement compte de ce qui se passait. Dès 1997 le SNPPsy substitue la dénomination psychothérapeute relationnel à la précédente, psychothérapeute, qui va rester sous la forme les psychothérapeutes en usage dans les esprits et dans les échanges jusqu’à l’adoption de la version définitive de la loi. Dans tous les esprits, y compris les nôtres. Au cours du dialogue avec les psychiatres, psychiatres-psychanalystes, psychologues et psychologues-psychanalystes, ainsi qu’avec les hommes politiques, il est clair que rien n’était aussi clair à ce sujet de part et d’autre qu’à présent. Il aura fallu ce temps de maturation et de réflexion pour que se lisent et s’intègrent des formes restées longtemps indistinctes au cœur même du débat. C’est dire que le bouleversement en cours prend son temps, et qu’il nous faut continuer de le penser.

identité inchangée

Seconde mutation, depuis deux ou trois ans nous nous habituons à l’idée de notre nouvelle façon de nous nommer. Je ne sais pas comment c’est pour vous mais en ce qui me concerne c’est à force d’essayer d’expliquer que je me suis mis un peu à comprendre qu’il s’agissait d’un système de désignation complexe, et pas seulement comme apparu initialement de substitution d’un vocable à un autre. Nous n’avons changé ni de nature ni de place. Il s’agit uniquement de décliner, au sens où une déclinaison comporte souvent plusieurs postes, constitue un paradigme, notre identité de façon nouvelle. Non de déduire de ce mouvement sémantique que nous aurions changé d’identité. Ne s’est trouvé modifié, avec l’irruption d’un nouveau terme, d’un nouveau système d’appellation – notre ex nom devenu titre attribué à deux autres populations différemment diplômées et exerçant d’autres métiers – ne s’est trouvé modifié que le système d’appellation permettant de stationner à la même place avec la même nature et les mêmes fonctions dans le paradigme du Carré psy.

Ce discours se propose d’examiner ce qui a changé, ce qui demeure, ce qui nous reste à faire.

concevoir et définir la psychothérapie relationnelle

J’ai pris l’engagement d’écrire un ouvrage sur notre psychothérapie qui sera peut-être collectif, nous devons faire face à nos responsabilités intellectuelles. Il nous faut continuer d’exprimer et d’imprimer notre identité, poursuivre la tâche de concevoir et définir la psychothérapie relationnelle dont notre syndicat est parrain et porteur. Nous pouvons être fiers de ce que nous sommes, sommes devenus et représentons. À ce propos, parmi les publications de l’année il faut citer, parmi d’autres, Jean-Michel Fourcade pour son édition en rafale de deux ouvrages sur les organisations limites, Bernadette Blin, qui nous a organisé tant de colloques, pour son ouvrage sur la psychothérapie transpersonnelle, Myriam Goffard qui va bientôt soutenir passer sa thèse, bravo ! nous avons besoin de voix bien posées et auteurisées. Sans aller jusqu’à produire de longs textes, à qui le tour, d’écrire des billets, des témoignages des travaux et des jours, qui alimentent le dialogue internet sur notre site et témoignent au quotidien de notre réflexion scientifique et éthique ?

couplage et dissociation de chaque profession académique avec et d’avec l’ex "discipline-reine"

Parallèlement, procédant du même élan de clarification des concepts, un fait majeur nous a longtemps échappé. Les psychanalystes sont tout simplement dans notre pays des psychologues cliniciens ou des psychiatres engagés ultérieurement à l’issue d’une psychanalyse personnelle qui a pu démarrer durant leurs études mêmes, dans une association de psychanalyse (ou non) qui le plus souvent s’expriment en qualité de psychanalystes en minorant leur profession au bénéfice de leur discipline de référence et de leur appartenance d’école. Dire seulement "la psychanalyse" est réducteur et occulte les deux faces cachées de la chose. Ces psychologues ou psychiatres (ces derniers moins souvent à l’heure actuelle, leur profession voyant réduire ses effectifs du double au simple) s’appuient sur une double autorité et autorisation, l’une jouée sous couvert de l’autre. On le sait puis on l’oublie. Souvenons-nous en.

1) leur discours se réfère à la psychanalyse

a) discipline qui éclaire leur clinique c’est-à-dire leur pratique professionnelle désignée comme d’inspiration médicale par le terme même de clinique ;

b) société d’appartenance et de référence idéologique, théorique et méthodologique. En ceci ils se montrent comparables aux psychopraticiens déclinant leurs méthodes de référence et sociétés dont ils sont fiers, et membres.

2) Parallèlement à cela parmi les psys d’université les psychologues se souviennent du cursus les ayant conduit à l’exercice de leur profession de psychologues cliniciens (variété Lagache). Diplômés à la suite d’un parcours difficile prenant des allures de concours dont les exclus ne seront jamais psychologues faute d’avoir pu s’inscrire au M2, la sélection s’avérant féroce, ils savent la valeur sociale de leur formation et se soucient d’en protéger le bénéfice. De même en psychiatrie où les études sont particulièrement exigeantes (nonobstant leur dévalorisation actuelle). Quant aux médecins qui veulent devenir psychiatres ils fournissent de leur côté pour ce faire un travail considérable. Parallèlement au fait qu’ils disent la psychanalyse la psychanalyse ils oublient de dire la psychologie la psychologie car c’est moins chic, mais bien utile tout de même, cela devient quasiment un message subliminaire qui brouille la perception et la compréhension du processus en cours. Quant aux psychiatres, surchargés surmenés, certains vieux disent la psychanalyse la psychanalyse, les jeunes la psychiatrie comme psychothérapie, au sens particulier où ils l’entendent, ayant appris essentiellement la psychopathologie clinique façon DSM. Attention, un discours peut en cacher un autre. Cache-cache à réintégrer dans nos représentations.

en face, écoles privées agréées + titularisation + exercice libéral

Face à cela les psychopraticiens relationnels ont généralement fait de premières études, à hauteur généralement de bac + 2 ou 3, et les meilleures écoles agréées par la profession historiquement instituée leur font effectuer environ 2000 heures de formation spécialisée (5 années universitaires). Standard comparable (en France une formation professionnalisante de cette espèce requiert cinq années). Presque. Sauf l’initiation aux principes et méthodes de la recherche, qu’il faut tout de même modérer du fait que la méthode scientiste dans notre domaine tue son objet, l’introduction systématique de la pensée critique, dont l’université ne détient toutefois pas le monopole, et surtout les stages en hôpital, réservés aux psychologues. Sauf en somme principalement l’exclusivité hospitalière, le secteur hospitalier se voyant réservé aux psychologues et psychiatres. À la suite de quoi nos formations en écoles privées parallèles, dans le contexte d’une lutte corporatiste généreusement confratricide de la part de la corporation académique, rigoureusement disjointes, ne déboucheront jamais que sur l’exercice en libéral.

reconversion

Un autre élément important restera longtemps occulté. Nos écoles, dans toute l’Europe, sont des écoles qui forment des psychopraticiens par reconversion, la population concernée ayant entre 35 et 50 ans. Leur formation à l’issue d’un parcours personnel et d’une tranche de vie les ayant conduit à changer d’orientation professionnelle à l’issu d’un premier parcours dans un autre domaine, les constitue en population distincte de celle des jeunes gens entreprenant leurs études à l’issue du bac. Population plus mûre, entrant dans la carrière une décennie ou deux après les psychologues, disposant d’une expérience professionnelle et de vie tout autre, les psychopraticiens relationnels disposent d’un autre savoir, davantage pluraliste, souvent intégratif (comportant souvent la psychanalyse mais pas seulement) et ignorent les études de psychologie (sauf quelques pré-psychologues M1) : un autre univers.

petites différences gros narcissismes

Il convient de ne pas confondre méthode ou discipline, celle qu’on se la préfère, de ne pas confondre son attachement à la psychanalyse et à une de ses sociétés de référence – de plus en plus extra universitaire (existait des passerelles avec l’université, celles-ci vont s’amenuisant), à l’instar de nos propres sociétés savantes – et son appartenance à une profession. Laquelle on l’a vu est la plupart du temps institutionnelle hospitalière – avec son encadrement et contexte médical et médico social, parfois seulement libéral. Il convient plus généralement de ne pas oublier ces petites différences à la base du narcissisme du même nom.

mort et renaissance

La situation évoluant, nos psychopraticiens relationnels vont se retrouver dans la position des ex psychanalystes : en privilège d’extra territorialité, indépendants de l’institution médicale, d’une psychologie paramédicalisée via le titre de psychothérapeute, alternatifs à la médicalisation de l’existence. Nous vivons un moment de mutation unique. Celui où certains de nos "grands-parents" s’efforcent de récupérer leur nom et pensent-ils peut-être leur dignité perdus, pendant que de nombreux psychologues-psychanalystes de l’ancienne génération foncent sur le nouveau titre qui va les faire changer de statut. Ils s’apprêtent à devenir des psychothérapeutes d’État paramédicalisés (ils opposeront à cette réalité des dénégations et dénis convaincus). Nous nous apprêtons à passer dans notre nouveau système d’appellation, avec angoisse dépressive de la perte d’objet, et fierté, audace originalité et indépendance retrouvées. Moment paradoxal, passionnant plutôt positif.

confiscation du premier de nos noms

Il avait été déclaré clairement par Bernard Accoyer dès 2004 qu’il s’en prenait à notre premier nom, psychothérapeutes, et nous laisserait parfaitement tranquilles si nous consentions à en changer. Rendons hommage à cet homme politique, nous ne sommes pas loin de la réalisation pratique de son discours. Ce premier nom, psychothérapeute, venait lui-même par décantation des innombrables noms de méthode issus du foisonnement des années 60-70, regroupés sous l’appellation psychologie humaniste, puis de Nouvelles thérapies, le signifiant humaniste étant alors déterminant. D’où la polémique soutenant qu’il existait des centaines de noms de méthodes pour désigner les… charlatans, usurpateurs du terme de psychothérapeute, lequel relève exclusivement de la médecine et de la psychologie, désigne une fonction inhérente à ces disciplines, et jamais de la vie une profession qui viendrait pirater et entraver leur seul légitime exercice.

"titre professionnel ?"

Noter qu’à ce point la question d’un titre ne se pose pas – sauf qu’elle apparaît : les institutions fondatrices de la psychothérapie relationnelle avant la lettre, qui créèrent La psychothérapie et s’instituèrent comme Les psychothérapeutes créent dès 1981 le titre professionnel de "psychothérapeute titulaire du SNPPsy". Titre professionnel ? l’expression venue toute seule sous mes doigt en dit long sur la forte proximité des deux notions fusionnées en presque plus qu’une. Ainsi à la clé de la notion de profession apparaît celle de titre. Laquelle constituerait l’ombre de l’autre ? Interrogeons la logique qui lie ces deux termes.

pas de nouvelle profession à l’horizon

En 2004 nous constations que le Carré psy était devenu réalité, modifiant la cartographie du champ disciplinaire et professionnel psy. Notre titularisation : "psychothérapeute membre titulaire du SNPPsy", faisait fonctionner un titre, paradigmatique à celui de psychologue (1985) instauré à l’initiative de Claude Évin. Titre et nom de métier peuvent arriver à se confondre mais pas tout à fait. Il a fallu attendre que le législateur mette son nez dans cette affaire, ce que nous avions de longue date prévu, pour que l’ensemble de l’aire du Carré psy se préoccupe de discerner ce qui jusque là pouvait rester nébuleux.

Quoique la situation de départ diffère sensiblement de celle d’arrivée. Au départ deux professions contrôlaient l’aire de la psychothérapie, dont s’exceptait formellement une école particulièrement brillante, la psychanalyse, qui réfutait la psychologie à condition de la coloniser et de dominer parallèlement l’espace de la psychiatrie. Cela constituait un singulier triangle, si l’on y songe, constitué de deux côtés seulement ou quasiment, les psychanalystes hégémoniques colonisateurs constituant une École davantage qu’une profession, ayant envahi les deux professions dans le cadre desquelles elle dépêchait ses membres y passer leurs diplômes puis exercer nous l’avons vu sous leur couvert. À noter au passage que les pseudos emboîtements institutionnels constituent une intéressante géométrie non euclidienne, si l’on en juge par la situation du SNPPsy et de l’Affop, tantôt emboîtés tantôt déboîtés – les mathématiques en sciences humaines doivent régler topologiquement des affaires de voisinage dépassant au niveau théorique les capacités moyennes des membres de cette dernière discipline.

Tout cela pour dire qu’on est parti d’un triangle à peine triangulaire, dans le cadre duquel la psychothérapie était revendiquée par les psychologues comme une fonction, pratiquée depuis toujours par les psychiatres dispensés de l’apprendre, honnie par les psychanalystes qui cependant commençaient sérieusement à la pratiquer en sous-main, pour arriver au carré dans le cadre duquel psychanalystes pourtant psychologues ou psychiatres par ailleurs, d’une part, et psychothérapeutes relationnels en voie de devenir psychopraticiens de la même sorte, pouvant être par ailleurs psychologues ou psychiatres mais dans une proportion nettement moindre d’autre part, représenteraient deux disciplines non universitaires du processus de subjectivation, face aux deux disciplines et professions stables de la psychologie et psychiatrie, désormais dégagées de la psychanalyse et engagées dans la nouvelle voie de la psychiatrie DSM, neurologique, organiciste et comportementaliste. Un véritable basculement et bouleversement de la carte. En, quoi ? une dizaine d’années.

ni changé ni muté

Chemin faisant, en publiant Profession psychothérapeute (1996), nous distinguions les deux registres. Nous entendions faire reconnaître une pratique professionnelle à laquelle nous nous contentions d’appliquer localement notre titre syndical. L’erreur ou l’illusion de toute-puissance fut de penser créer par nous-mêmes une profession indépendante en tous points équivalente aux deux grandes instituées. Nous ne faisions pas le poids universitairement parlant. Et notre système de formation et transmission par voie de reconversion nous affaiblit encore, relativement à la validation académique, par le comparativement plus faible niveau de diplômes universitaires de notre population. Nous avons réussi notre entreprise pour une part mais dans un secteur différent, moyennant un décalage pas forcément désagréable, avec le statut d’alternatifs.

Que le corps social laisse consister et vivre des professions institutionnellement diverses. Notre profession de psychopraticien n’a ni disparu ni muté. Elle n’a changé que de nom. Nous ne constituons pas une nouvelle profession, la seule qui soit nouvelle c’est celle de psychothérapeute paramédical, qui fédère psychologues, psychiatres et psychanalystes (ces derniers relevant professionnellement des deux précédentes) – sauf que ça n’est pas vraiment une profession. Le succès de notre politique est éclatant, le nom de métier de psychopraticien, succédant à celui de psychothérapeute relationnel s’est déjà installé partout.

appellation indécise

En écrivant sur l’avenir de la psychanalyse à partir de la loi 52, un psychanalyste récemment désignait d’entrée de jeu comme nouvelle profession celle à laquelle allait donner accès le titre de psychothérapeute. Sauf que précisément les psychanalystes sont professionnellement soit psychologues soit psychiatres, et qu’un nouveau titre hospitalier pour l’essentiel se contentera de moduler et remodeler l’exercice des deux professions psys installées à l’université de longue date. Les deux professions précédentes, coiffées par la psychanalyse durant les années 60, se verront coiffées à l’avenir sous la casquette commune de psychothérapeute, titre plus que profession puisqu’à l’instar de psychanalyste l’appellation nouvelle de psychothérapeute, qui semble appelée à lui succéder, signant l’effacement de cette dernière, ne ferait que regrouper des praticiens originaires des deux professions, lesquelles ne se dissoudront pas pour autant. La nouvelle appellation restera indécise à ce sujet, valant plutôt comme un en-deçà de la notion de profession, dans le cadre de l’actuel système ne nécessitant pas davantage de précision.

similitude et castration

Psychologue ou psychiatre c’est une discipline, une profession et un titre, psychopraticien relationnel se réfère à une discipline, un exercice professionnel, coiffés d’un titre. La seule différence réside dans le fait que notre système de certification, qui emboîte nos diplômes d’écoles agréées par nos soins, et notre confirmation au titre des Cinq critères, reste de type professionnel, et non étatique. Situation et diversité régulières. En fait, en moins d’un demi siècle les petits nouveaux ont défini, marqué et balisé leur territoire, sont sortis indemnes pour l’essentiel du conflit avec la médecine, n’ayant perdu que leur nom d’origine. On en revient à la castration. Si perdre un peu consolide le reste et promet l’avenir, la situation se présente plutôt bien.

logique latine du titre

Logique imparable, contrairement au droit de type anglo-saxon, où le législateur définit jusque dans ses moindres détails l’exercice même, en droit latin le législateur définit une profession en instituant son titre, qu’il protège. C’est ainsi que nos collègues psychologues-psychanalystes (psychologues de profession) sont en train de passer psychothérapeutes par le titre, nouveaux professionnels par la bande seulement car le Ministère l’a indiqué clairement, psychothérapeute ne saurait être une profession. Décidément notre ouvrage proclamatif éponyme Profession psychothérapeute se voit pourvu de démentis, dénégations et dénis insistants. Aussi insistants qu’utiles vraisemblablement, car le flou juridique souhaité par l’État introduit la part de jeu nécessaire en la matière dans notre logique législative.

logique d’annuaire

C’est sur ces bases que nous continuons d’examiner la question de la lisibilité publique et de l’annuarisation de l’ensemble de nos syndiqués, adhérents et titulaires. L’institutionnalisation procède lentement. Nous avons d’abord mis en place en 2005 une sorte de double collège, les titulaires et les membres, avec droit de vote pour ceux-ci deux après leur inscription. Pesanteur du passé, nous ne sommes plus dans les années 80, ni même en 2005, le mouvement d’annuarisation démarré à cette époque a pris avec internet son essor. La mise en place d’une double liste sur notre site s’impose à présent.

Nous sommes ici pour l’affirmer et le mettre en œuvre, le concept du SNPPsy comme un syndicat de titulaires, clos en club enrichi d’un réservoir de membres en attente est mort. Pour tenir notre place au sein du Carré psy, il nous faut un syndicat de membres à part entière, répondant basiquement aux Cinq critères, distinguant (la distinction, toujours elle) ses titulaires et des superviseurs.

comment organiser sa carte de visite ?

Cela veut-il dire que tous les membres à l’issue d’entretiens formalisés, sont déjà qualifiés Cinq critères ? Comment organiser la différence et que signifie-t-elle ? Nous voici à la tête d’un dispositif à trois étages : reconnaissance de base : membre, confirmation : titulaire, spécialisation : superviseur. Il faut commencer par préciser ce que simple membre signifie.

discipline

Est-il porteur du titre, le voici par définition titulaire ! Sinon, s’il ne porte pas le titre, non titulaire, que porte-t-il ? il porte un nom. Comment se dénomme le membre de base ? du nom de sa discipline, il professera la psychothérapie relationnelle®, d’après sa discipline, il sera, se dira psychopraticien relationnel®. On pourrait alors comme ferait un spécialiste en médecine libeller sa carte de visite : psychothérapie relationnelle uniquement. À nous de protéger ce terme et le nom de pratique qui en découle. Il s’agit de notre discipline, que nous avons la charge de protéger, que nous promouvons puisque c’est la nôtre, dont nous avons l’ambition de protéger l’appellation par voie d’INPI.
Agréé par le SNPPsy détenteur de l’appellation, le membre de base se voit autorisé à en user. Non encore titulaire, mais déjà bénéficiaire d’un agrément syndical.

vers le titre

De quelle visibilité de quelle garantie de quelle solidarité allons-nous pourvoir nos simples membres, compatible avec le fait qu’ils ne répondent pas complètement encore au Cinquième critère ? attendre en les soutenant qu’ils en remplissent complètement les conditions. Que ferons-nous de ceux qui séjourneraient indéfiniment dans cet entre-deux ? pas de ceux qui seront validés par une autre organisation membre de l’AFFOP dont nous reconnaissons l’aptitude à délivrer des agréments professionnels, mais les autres ? Nous devrons ensemble traiter ce souci.

titre

Le titre lui-même notre syndicat, aux côtés des trois autres organisations partenaires du GLPR, se trouve en position et responsabilité historique de le décerner et définir, de certifier et garantir son détenteur. Rappelons-le, c’est la tâche soit de l’État soit des organismes professionnels représentatifs d’asseoir l’identité disciplinaire, technico-scientifique, méthodologique et éthique, d’une catégorie de praticiens parvenue à maturité professionnelle. Depuis 1981 nous garantissons nos psychothérapeutes – à présent psychopraticiens relationnels, par l’examen de leur conformité avec nos Cinq critères, en insistant sur le cinquième, à l’issue d’une rencontre pour confirmation (reconnaissance mutuelle dialoguée) avec un groupe de pairs pluraliste composé de titulaires du SNPPsy expérimentés. Nous continuons selon la même procédure, en accord avec nos partenaires du GLPR. Nous maintenons notre titre en changeant seulement son intitulé.

modalités d’encadrement de l’exercice professionnel

Résumons-nous. Comment exercer sans le titre et en dehors de lui / en situation d’agrément / avec titre ?

a) degré zéro : en portant un nom de métier, psychopraticien, sans titre, ni garantie ; sans référence ni appartenance. Nom par nos soins déjà largement popularisé – nous avons dû rebaptiser notre discipline et profession (qui rappelons-le c’est désagréable a perdu son appellation d’origine mais n’a perdu que cela) et l’avons fait avec succès.

b) degré 1 : en portant un nom de discipline, psychopraticien relationnel, protégé INPI, donc autorisé SNPPsy , ce qui s’écrit : psychopraticien relationnel®, sachant que le ® renvoie déjà à une autorisation SNPPsy propriétaire (via l’AFFOP) du syntagme et constitue une autorisation de pratique non titulaire de la discipline. Exercice professionnel autorisé sans le titre. Mentionner alors le SNPPsy sans confusion avec la titularisation : psychopraticien relationnel® membre du SNPPsy plus facile à protéger (contre psychopraticien relationnel®(SNPPsy) moins coûteux mais plus ambigu aux Pages jaunes).

Note : des psychopraticiens relationnels peuvent exister dans la nature, juridiquement parlant ils ne devraient exercer sous ce nom qu’avec notre accord. Ceci par voie de conséquence donne [psychopraticien relationnel] sans le ® comme interdit d’usage.

Par contre, logiquement, psychopraticien relationnel® tout court devrait suffire, puisque le ® renvoie à notre syndicat co-détenteur (dans le cadre de l’AFFOP) du nom. Cela dit psychopraticien relationnel® membre du SNPPsy est meilleur pour vous comme pour le syndicat, car il le nomme et plus nous serons à le nommer plus son nom apparaîtra, et plus il apparaîtra mieux il vous protégera.

b’) degré 1 bis : psychopraticien relationnel® associé SNPPsy. Cadre réservé aux étudiants des écoles agréées AFFOP durant la période de leur scolarité où ils exercent de façon limitée et contrôlée en phase stagiaire.

c) degré 2 : avec titre : psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy.

d) degré 3 : titre + qualité de superviseur

e) degré 3 bis : titre + didacticien, qualification acquise dans le passé.

Se référer également à notre précédent article polémique. On peut à partir de cela produire le tableau récapitulatif suivant :

[(

Système complexe de dénomination

Fin novembre 2011 la structure de dénomination auquel a abouti la nouvelle loi dispose les appellations selon l’ordonnancement suivant.

Tableau récapitulatif, statut

Profession, statut, discipline, spécialité, certification, autorisation, agrément, reconnaissance, titre, légitimation, constituent dorénavant un système qu’il convient de spécifier, sachant que les professionnels n’y voient pas toujours aussi clair qu’ils veulent le croire, que le public n’y voit parfois que du psy, relevant toutefois d’un système ne fût-il qu’entrevu, d’une structure à vrai dire, dont il convient de discerner les éléments et le principe de fonctionnement. Fin 2011 le dispositif de dénomination auquel a abouti la loi de 2010 manifeste et distingue les appellations selon l’ordonnancement suivant.

- nom de métier : psychopraticien, d’usage libre (hors syndicat)

- nom de discipline : psychothérapie relationnelle désigne un nom de domaine scientifique. Cette discipline se définit comme psychothérapie (soin-souci de soi) de la relation par la relation pour la relation.
Psychopraticien relationnel®, pourrait devenir l’appellation disciplinaire réservée aux membres du SNPPsy, exercice autorisé sous cette dénomination [1]. Cette appellation peut être considérée en tant que spécialité, spécifiable, si l’on n’exerce qu’elle, comme :"psychothérapie relationnelle uniquement."

- terme générique : psychothérapie est un terme générique [2] applicable à l’ensemble des locataires du Carré psy. La psychothérapie relationnelle appartient à l’ensemble nommé psychothérapie, lequel se subdivise en psychothérapie objectiviste et psychothérapie du processus de subjectivation, dont la psychothérapie relationnelle relève – et par lequel elle procède du même champ que la psychanalyse.

- nom de diplôme : certification, appellation, reconnaissance, agrément AFFOP.

CERTIFICATION : Les écoles dispensent des diplômes, qui n’ont aucune valeur universitaire (par défaut d’accord avec la médecine et la psychologie [3]) mais dont les organismes membres du GLPR, représentant les quatre institutions françaises historiques majeures de la psychothérapie relationnelle, garantissent et certifient la qualité [4].

AGRÉMENT D’ÉCOLE : ainsi être diplômé d’une école agréée AFFOP constitue une référence et représente une certification de valeur de cet établissement. Le label AFFOP se délivre (exclusivement à une organisation [5]) à l’issue d’une procédure rigoureuse, sur des critères de qualité élevés, régulièrement contrôlés [6].

APPELLATION : Psychopraticien multiréférentiel®, diplômé du CIFPR, psychopraticien relationnel® diplômé de l’école Ataraxia, etc.

RECONNAISSANCE : le diplôme d’École privée agréée AFFOP se conjugue obligatoirement à une reconnaissance syndicale si l’on veut bénéficier du titre.

- titre  : après validation post diplôme par une instance titularisante (i.e. conférant le titre) AFFOP (affiliée au GLPR) le spécialiste en psychothérapie relationnelle se voit autorisé à porter le titre de psychopraticien relationnel® titulaire ou membre du SNPPsy, titre réservé, autorisé et garanti – selon les cinq critères.

- cumul de titres : conjugaison de titres et d’appartenances

• psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy & de la SFPPX

• psychopraticien relationnel® titulaire de la SFPPX, membre du SNPPsy

• psychothérapeute & psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy, etc.

- méthodes, spécialités, noms d’Écoles : eleftérothérapie, analyse néo socratique, psycho-valuation, intégratif, multiréférentiel [7], gestaltiste, spécialisé en psychanalyse intégrative, en psychocorporel, en Analyse multifactorielle, etc.

On peut être diplômé en quelque chose et ce diplôme peut n’être garanti que par l’organisme qui l’a délivré. Le nom de méthode en soi ne garantit rien [8]. Pour qu’une école fasse selon nos critères autorité encore lui faut-il se trouver maillée à l’une des deux fédérations membres du GLPR. Sinon on évolue hors du système de légitimation répérable que nous avons pris soin de constituer (Cinq critères), soumis à la simple loi du marché, avec tous les risques que cela comporte.

- modalité d’exercice  : individuel, groupe, couple, enfants et adolescents, anorexie-boulimie, etc.

- inscription aux Pages jaunes : à Psychothérapie (pratique hors du cadre réglementé)

• s’inscrire comme psychopraticien relationnel® membre du SNPPsy / psychopraticien relationnel® titulaire du SNPPsy, etc.

• si l’on est psychothérapeute au nouveau sens du terme, s’inscrire comme psychothérapeute relationnel – membre ou titulaire du SNPPsy. )]

grand-parentage en cours

Que s’est-il passé cette année ? les ARS se sont mises en place et au travail différemment selon les régions. Les premiers résultats sont encore trop peu importants pour qu’on puisse en conclure quelque chose. Cela va durer, vu les effectifs de la population à grand-parenter. Ceux d’entre nous qui ont tenté l’aventure de conserver leur titre de psychothérapeute sont au cœur de ce processus et nous les aidons et soutiendrons du mieux possible. Les psychologues de leur côté sont peut-être en train d’obtenir leur droit direct au nouveau titre de psychothérapeute à l’instar des psychiatres qui leur avaient joué un mauvais tour, ce qui ne déparamédicalise pas ledit titre, les psychanalystes dans leur masse disparaissent, engloutis, résorbés par le biais du titre dans leur appartenance professionnelle à la psychologie ou psychiatrie.

santé mentale, marchés, parole

Ces dernières sont à présent orientées vers le scientisme, la neurologie – le cerveau a remplacé l’inconscient – la génétique va tout nous expliquer du psychisme, grâce aux médicaments et thérapies à protocoles, il faut pouvoir faire vite (certaines économies à court terme se révèlent coûteuses ultérieurement), supprimer à bon marché la souffrance et non laisser le malaise faire sens. Cette philosophie et idéologie robotisantes et ravageuses s’en prennent à la condition humaine. Une humanité organiciste nous est présentée comme aux prises avec le trouble (DSM) et le handicap à réduire par voie psycho paramédicale et médicale (l’imagerie cérébrale va tout dévoiler des mystères de l’âme) au plus vite – soin-traitement tel que le revendiquent et définissent les psychologues et le Dr. Accoyer ! la délinquance prévenue au berceau et la folie contenue et réduite comme un danger public, les citoyens ont intérêt à marcher dans les clous. La vie humaine comme relevant de la santé mentale, traversée par des épisodes de troubles psychiques de plus ou moins faible intensité, chaque année davantage détaillés en nouveaux troubles (dont on recherche activement l’origine génétique) que viennent "guérir" de nouveaux médicaments spécifiques, il fallait y penser. La conception de la souffrance comme devant être immédiatement interrompue pour que reprenne "normalement" le cours de la vie un moment "troublé", par l’administration de "pilules du bonheur qui étouffent la douleur et anesthésient l’âme", nos valeurs ne sauraient l’accepter. C’est à présent la vie quotidienne que la santé mentale à visage de DSM projette d’encadrer, imposant ses normes à tous les aspects de l’existence. La folie déjà largement mise hors circuit hospitalier se voit, ignorée comme telle, hébergée dans les prisons, lieux d’administration de fortes charges médicamenteuses.

Un vent de déshumanisation accompagne les dépressions financières, bien pathologiques et pathogènes, elles, qui se succèdent en séquences bipolaires répétitives selon la morne succession euphorie/panique . Tout le monde comprend que les banques entendent faire payer leur imprévoyance et incompétence à leurs victimes, les gens, les 99%, soumettant les gouvernements démocratiques aux technocrates des marchés imposant au monde une tyrannie largement automatisée et manifestement aveugle. Je parlais d’un vent de déshumanisation, je pourrais aller jusqu’à dire un vent de folie – mais aussi a contrario de mutation – souffle sur notre monde. C’est dans ce contexte que nous proposons au public notre écoute pour que la parole d’être entendue ne tourne en violence ou folie, mais en sens et raison, comme il est dit dans une pétition pour Rafah Nached, notre collègue psychanalyste détenue en Syrie.

1999-2010 : la guerre de confiscation

C’est ce mouvement idéologique médicaliste scientiste qui au cours de la dernière décennie était parti en guerre contre nous ("charlatan" est une invective typique du milieu médical), sévèrement. Nous avons été durant la dernière décennie régulièrement attaqués, méprisés, vilipendés, assimilés à des malfaiteurs. Traités en bons à rien et va-nu-pieds intellectuels, de teneurs de sectes, d’inducteurs de faux souvenirs induits et j’en oublie. Nous avons reçu des coups, souvent tordus, et sommes devenus la cible sur laquelle les psys de toutes origines et les médias tiraient à volonté pendant que la médecine s’emparait de la psychologie et délogeait la psychanalyse. Nombreux sont nos collègues encore meurtris d’un rude combat conduit contre nous. La légitime bonne considération dont ils jouissaient s’est vue jeter des tonnes de boue à la figure. Qui a dû changer de nom ? qui a subi de violentes campagnes de décrédibilisation ? qui s’en ressent encore tout déstabilisé ? eux. Et qui a hurlé volontiers contre nous avec les loups ? nombre d’organisations de psychanalystes, ceux de la Cause exceptés en tant qu’organisation sachons nous en souvenir (le renversement d’alliance final, qui ne nous a pas surpris, n’efface pas la phase positive antérieure), et de nombreux intellectuels dégoûtés par ce que tramait le fameux Groupe de contact – sans oublier l’Élisabeth Roudinesco du Patient, le thérapeute et l’État [9]. Maintenant nous nous rétablissons sur notre domaine qui n’a pas bougé, dans le cadre du Carré psy resté intangible. Nous persévérons dans notre être relationnel, nous proposons d’insister et de prospérer pour le plus grand bien du public et d’une science véritablement humaine.

Il ne faut pas rêver le monde n’est pas tout doux tout accueillant aux nouveaux venus. Depuis les années 70 s’est conduite une véritable guerre de libération épistémologique et éthique, nous avons bouleversé la fourmilière, elle s’est jetée sur nous, mais somme toute nous sommes parvenus à une installation suffisante, étayée aux institutions que nous avons su nous donner et qui nous ont bien défendus. À présent que nous occupons vaillamment et dignement notre territoire nous pouvons nous souvenir des coups reçus mais aussi nous sentir fiers de ce que nous avons fait et sommes devenus. Nous pouvons légitimement être fiers de notre syndicat et de tous ses membres qui ont contribué à la consolidation de notre profession.

champ libre à l’alternatif

Une impressionnante régression du système nous laisse le champ alternatif libre. Ça n’est pas le travail qui va manquer (mais l’argent peut-être, nous traverserons les péripéties de la crise pris dans les contraintes du corps social, comme tout le monde) ! Un travail qui s’apparente avec une note discrètement militante à celui de l’écologisme et du mieux vivre ensemble, un travail véritablement humaniste. Dans une société malade de la gestion, individualiste livrée au narcissisme, au passage à l’acte, aux désordres des organisations-limites, dans une société post-coloniale dure, ghetthoïsée, la multiplicité des points de vue et des théories dit le triomphe d’une psychothérapie relationnelle fondée sur le dialogue intersubjectif (prenant en compte le transfert) nourrie de pluralisme et d’inspiration démocratique. Le souffle de l’Histoire nous propulse. Ça n’est pas la révolution administrative d’un nouveau titre psy paramédicalisé obtenu par confiscation de notre nom de métier qui modifiera beaucoup la donne.

protéger nos nouveaux nom et titre

Dans la situation actuelle en tant que corps, nous les psychopraticiens relationnels nous en sortons plutôt bien. Certes nous connaissons des campagnes de communication protectrices du nouveau titre promouvant contre nous notre ancien nom. À nous de répliquer par une campagne protectrice de notre nouveau titre, que j’ai appelé altertitre pour faire image car nous devons nous montrer comme les alternatifs du secteur libre que nous constituons. Secteur libre et organisé, autorégulé de longue date par nos quatre institutions responsables.

le GLPR poursuit le bon combat

Né en février 2009 ce groupe informel coordonne les politiques des quatre institutions historiques. Nous sommes fiers de l’avoir impulsé, reconnaissants à Serge Ginger de l’avoir immédiatement accepté, et d’en avoir accepté le nom, alors que sa fédération et lui-même militaient pour une autre terminologie. Le GLPR aura été l’un des derniers actes fondateurs de cet incroyable militant, dévoué infatigablement à notre cause commune, par delà les divergences importantes et les exaspérations et Dieu sait s’il y en eut ! Mais jamais Serge au moment où il fallait se rassembler et se coordonner ne combattit contre son propre camp. Je profite de ce moment pour rendre un premier hommage au travail considérable du dirigeant d’une fédération politiquement divergente, mais toujours à nous reliée, hier via la Coordination psy, aujourd’hui par le biais du GLPR, du leader qui resta toujours affilié au syndicat dont il fut membre du CA durant je pense au moins six années.

Le GLPR donc, donne à notre renomination toute sa force en coordonnant les quatre institutions historiques de la psychothérapie relationnelle. Après la bataille du titre, au moment de passer à l’époque suivante il est bon de se savoir reliés aux responsables cardinaux de notre profession et discipline, pour le soutien et la promotion de nos titres en commun protégés, sur la base d’une terminologie et définition éthique suffisamment commune. Il est bon que les pouvoirs publics et les psychologues et psychiatres (par ailleurs parfois psychanalystes) sachent que c’est unis et déterminés qu’ils nous trouveront face à eux si jamais l’idée leur venait de s’en prendre à n’importe laquelle de nos quatre organisations. La semaine prochaine à l’AFFOP, en replacement d’une réunion qui devait prendre place hier soir même, nous confirmerons ensemble la ligne unitaire de concertation et action coordonnée périodique régulière dont nous avons depuis bientôt deux ans avec le PSY’G instauré l’habitude.

(…)

vocation du syndicat

Ça n’est pas la Fin de la psychothérapie comme Jacques-Antoine Malarewicz le titre chez Odile Jacob. Tout ne fout pas le camp, s’il est vrai que tout bouge et que la mentalité collective et l’idéologie neuro cognitivo DSM du moment attaquent et minent notre modèle d’accompagnement d’écoute et d’émergence du sujet consistant à commencer par savoir prendre, récupérer peut-être, son temps, le temps qui nous appartient, notre temps d’existence considéré comme durée (vive le développement humain durable), comme histoire (déroulement et sens), à une époque d’instantanéité universelle abolissant le passé au moment où semble s’obscurcir la perspective d’avenir. Nous avons à lutter pour maintenir la dimension humaine de l’existence, la partie n’est pas jouée et nous y avons un rôle déterminant à tenir. Il importe qu’un syndicat déterminé, créatif et tonique comme le nôtre contribue à tenir la place de défense et illustration de la psychothérapie relationnelle, au-delà des sociétés savantes particulières et écoles dont ce n’est pas la tâche première. Sans le SNPPsy que serait devenue notre profession, comment aurait tourné la bataille que nous venons de contribuer à gagner ? Il serait bon et sain que nous nous renforcions pour aborder les luttes à venir avec des forces suffisantes.

unité avec l’ensemble des psys qui résistent à l’idéologie fastpsy

Qu’il s’agisse de la casse des métiers de l’Appel des appels, de la résistance des 39, nous devons appuyer les luttes des psychologues et psychiatres car tout ce qui se dégrade au sein du Carré psy est mauvais pour l’ensemble de ses locataires. Même chose pour les combats de la psychanalyse. Il est évident que nos collègues relevant des deux professions précédemment citées nous considèrent souvent bien peu, pour rester prudent dans la formulation. À nous de ne jamais leur rendre la monnaie de ce genre de pièce, de toujours mieux nous présenter et définir, pour dissiper les brumes d’une considérable ignorance nous concernant chez certains de nos collègues des professions et disciplines voisines. À présent que la redistribution des noms des places et des rôles s’accomplit, chaque fois que c’est possible il nous faut fréquenter leurs lieux de parole et nous y exprimer. C’est du travail mais nous devons pratiquer ce genre d’ouverture si nous voulons contribuer au nécessaire dialogue, si nous voulons conjoindre les luttes de tous ceux qui se veulent acteurs du processus de subjectivation. Comme cela se disait naguère il nous faudra nous montrer unitaires pour deux, voire trois, c’est déjà fait en ce qui nous concerne car suffisamment nombreux sont les nôtres qui sont allés faire un tour chez le voisin. La réciproque est plus rare, à eux de voir, dans le respect mutuel. Le jeu de part et d’autre en vaut la chandelle, la faille qui nous sépare de la psychanalyse française devra se travailler et résorber, si nous souhaitons aux deux protagonistes consolidation et développement, c’est peut-être la tâche de la génération qui vient.

Notes

[1Psychopraticien relationnel® membre du SNPPsy, pour être précis. La prochaine AGE soumettra une proposition en ce sens aux membres du syndicat, le débat pour l’instant se poursuit.

[2En qualité de terme générique, la psychothérapie, domaine hétérogène, s’écrit au singulier. L’utilisation du pluriel confondrait terme générique – renvoyant au concept – et méthodes-écoles. Ce serait le même chose que parler "des psychanalyses", au lieu du singulier qui recouvre la diversité du champ.

[3Certaines UER de Sciences de l’Éducation, comme celle de Paris 8 avec à sa tête Jean-Louis Le Grand sauvent l’honneur universitaire en accueillant la recherche en psychothérapie relationnelle.

[4Cela ne veut pas dire que ces critères soient unifiés. L’AFFOP se revendique comme proposant des critères différents de ceux de la FF2P. L’accord auquel sont parvenus les partenaires du GLPR stipule le plein respect par tous du Cinquième critère.

[5Une des différences entre AFFOP et FF2P est que l’AFFOP ne concurrence pas les syndicats, n’inscrivant en son sein que des organismes. Noter que nous ne nous occupons ici que du système d’autorisation GLPR, dont nous déployons le principe de légitimation assis sur une historicité établie. Tout autre cadre de référence pour la profession de psychopraticien ne nous concerne pas. Nous refusons par conséquent de répondre de ses mérites et démérites, et de nous voir en aucune façon confondus avec lui. En un mot nous avons décharlatanisé notre secteur uniquement. Qui trop embrasse mal étreint.

[6GARANTIES ALÉATOIRES : en dehors de la couverture GLPR toutes autres garanties proposées le sont sous la seule responsabilité de l’organisme qui s’autoproclame garant. On peut être diplômé en quelque chose et ce diplôme peut n’être garanti que par l’organisme qui l’a institué, lui-même n’étant couvert pas aucune autorité morale professionnelle particulière dans le domaine de la psychothérapie relationnelle.

[7Psychopraticien multiréférentiel®, appellation de diplôme, est protégé comme tel par le CIFPR, sous condition d’appartenance au SNPPsy ou au PSYG.

[8Rien d’autre que la conformité à une méthode, son appartenance ou sa référence, il ne légitimise pas qui s’en réclame comme psychopraticien relationnel®.

[9Fayard, 2004 - 184 pages
La chasse aux charlatans est ouverte. Depuis que l’État a entrepris de contrôler le traitement de la santé psychique en France, les psychiatres, les psychanalystes, les psychologues et les psychothérapeutes s’accusent mutuellement d’être responsables du sentiment d’insécurité qui gagne la cité. Et c’est en vain que la puissance publique cherche à mettre tout le monde d’accord et à rassurer l’opinion en multipliant les procédures d’expertise fondées sur des principes prétendument scientifiques. Bref, les professionnels sont en émoi et les patients ne savent plus à quel saint se vouer. Quant à l’État, courant après le charlatan un gourdin à la main, il peine à différencier médecines parallèles, sectes, psychothérapies et nouvelles thérapies, au risque de passer bientôt pour un fauteur de troubles. Comment en est-on arrivé là et comment en sortir ? Comment concilier le principe de liberté en vertu duquel nous revendiquons de choisir qui nous soigne, et le principe de sécurité au nom duquel nous exigeons d’être protégés des imposteurs ?

Un message, un commentaire ?
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?