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Psychothérapie : METRO psycho tout faux

Publié le 8 février 2011

Mots clés : psy, psychothérapie, psychanalyse, psychopraticien, psychopraticien relationnel, Miviludes, sectes, pseudo thérapeutes, Carré psy. Snppsy.org

Faire peur à mal escient

Métro prévient son public [1], dans son numéro en date du 1er février : il faut faire le tri psy. On y lira un article malveillant et tendancieux en note ici-même. Attention y est-il dit, aux faux praticiens dans le domaine. Metro a bien raison. Seulement sa mise en garde comporte des inexactitudes et lacunes orientées, de nature à désorienter le public. Voici ce que le SNPPsy estime devoir préciser pour mieux éclairer le public dans une matière trop sensible pour qu’il soit permis de faire peur à mal escient et d’omettre des informations indispensables à l’intelligence de l’ensemble du champ psy.

Comment s’y retrouver parmi les psys

S’agissant de prémunir le public des imposteurs et autres pseudos œuvrant aux confins du complexe univers du soin pris de soi et du traitement psycho médical, de quelles garanties doit-on s’entourer ? Comment organiser sa sécurité au moment de s’adresser à ceux que le grand public, un peu perdu dans le maquis des appellations et désignations professionnelles, nomme du terme générique et global les psys ?

Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son.

Si on ne demande qu’à la Miviludes (sorte d’observatoire anti sectes) et au SNP (psychologues) comment procéder pour comme on dit choisir son psy, on n’obtiendra qu’un conseil partiel voire partial. Ces deux honorables institutions à elles seules ne représentent qu’une partie de l’éventail des pratiques et organismes concernés dans le champ desquelles elles font valoir leurs recommandations. Le respect de la psychodiversité, précieuse au public qui a besoin de bénéficier de tous ses aspects, requiert qu’en ce sensible domaine le propos se répartisse de façon équanime. Déployons donc l’ensemble de l’éventail.

Carré psy

Il convient de savoir que quatre grands corps professionnels se partagent les rives du Carré psy.

1) D’un côté, titulaires d’un diplôme universitaire, psychiatres, psychologues, bientôt les psychothérapeutes NN [2]

a) les psychiatres, médecins de la maladie mentale et des affections psychiques graves.

b) les psychologues cliniciens – en voie de devenir les nouveaux psychothérapeutes –. Profession multiforme, ses représentants s’occupent d’aide à la vie quotidienne : suivi de vie, guidance, soutien, aide aux enfants en difficultés scolaire, diagnostic (tests). Œuvrant souvent en équipe dans les CMP on les retrouve aux côtés des psychiatres en fonction psycho hospitalière, plus ou moins para médicalisés (ils ont horreur de l’idée).

c) les futurs psychothérapeutes NN si l’on peut dire, seront des sortes de super psychologues psychopathologues, paramédicalisés, suppléant aux psychiatres en voie de disparition, absorbés par la neurologie.

2) de l’autre côté, psys issus d’écoles et sociétés privées, psychanalystes et psychopraticiens relationnels présentent la caractéristique unique de joindre à leur savoir d’École (2000 heures pour une bonne école agréée Affop) d’avoir eux-mêmes parcouru personnellement un itinéraire du type de celui qu’ils proposent. Ce sont

a) les psychanalystes, la plupart du temps psychologues cliniciens (le cumul est fréquent dans nos professions), voir la rubrique ci-dessus, mais dépositaires d’une discipline extra universitaire, la psychanalyse, à laquelle on ne se forme que dans des écoles et sociétés savantes rigoureusement extra universitaires. Pas de diplôme (sinon à titre de psychologue), mais une inscription dans une société psychanalytique (ça n’est pas obligatoire ce qui complique la figure).

b) ceux que nous dénommerons ici les psychopraticiens cinq critères (ex psychothérapeutes dont le titre vient de passer aux (1c)), issus d’écoles privées elles-mêmes garanties par les cinq critères des quatre institutions historiques, regroupés actuellement dans le cadre du GLPR (Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle) : AFFOP, FF2P, PSY’G, SNPPsy.

Cinq critères pour un titre qui vaut quelque chose

1) avoir soi-même suivi une psychothérapie ou psychanalyse suffisamment approfondie pour un professionnel

2) bien connaître son métier : méthodes, théories, pratique, psychopathologie (formation dans une école agréée)

3) être en supervision (et formation continue) constante

4) se référer à un code de déontologie spécifique solide

5) se voir agréer en relation par une commission de pairs expérimentés

Autoréglementation / autoproclamation.

Tout le monde peut constater que les organismes regroupés dans le cadre du GLPR actifs depuis les années 60 pour les plus anciens travaillent à garantir la qualité et l’éthique des praticiens qu’ils regroupent et encadrent. Chacun entendra qu’entre autoproclamation d’un professionnel dont personne ne répond et garantie solidaire d’un corps de praticiens répondant aux cinq critères existe une différence significative. Confondre autoproclamation et autorégulation relève d’un aveuglement volontaire qu’il convient d’interroger. Certains y décèleront de la querelle d’école, à base de malveillance d’inspiration positiviste, corporatiste et populiste – que d’ismes ! Inconvénient d’une telle posture, sa faible crédibilité. Et quand on ne sait plus à qui se fier on devient plus aisément la proie ... des autoproclamés.

Géographie du territoire psy

On peut cumuler les formations, c’est autre chose, fréquente nous l’avons vu dans nos professions, cela complexifie la figure, sans autoriser ni réduction abusive ni embrouillamini. Et l’on est prié de ne pas tout confondre à la légère.

Noter que le plus souvent les bons psys se recommandent par le bouche à oreille. Cela ne suffit pas, on peut recommander un praticien douteux. Mieux vaut s’enquérir en effet de la valeur de son titre. Sachant quels sont les titres légitimes. Dont le nôtre, psychopraticien relationnel du SNPPsy.

Bien entendu, en dehors de l’ensemble que nous venons de décrire, c’est l’auto proclamation, par petite annonce ou autre biais, la porte ouverte à l’inconnu et l’irresponsable : là, et là seulement, zéro garantie, on consulterait à ses risques et périls.

Certes comme le dit l’article ici incriminé de Metro les déviances restent marginales, contrairement au ton d’affolement du reportage initial, assorti d’un cliché destiné à effrayer. Il importe toutefois en effet de disposer d’une bonne carte pour s’orienter convenablement sur ce territoire pas forcément lisible à qui n’est pas géopsychographe. Nous nous sommes souciés dans cet article de bien reporter sur la carte l’ensemble des acteurs crédibles. La moindre des choses pour une information honnête, s’agissant précisément d’éthique professionnelle.

Philippe Grauer

Notes

[1Voici le texte édité par Metro :

Faire le tri dans les psychothérapies
Plus d’un million de Français consultent. L’univers des “psys” est devenu un business lucratif

Photo : AFP
“Tout était fait pour me maintenir mal : il fallait qu’il y ait des séances, il fallait que je reste dépendante”, raconte Cerise, âgée de 30 ans et une victime d’une fausse psychothérapeute. En quelques mois, elle lui a versé plus de 5 000 euros pour sortir de sa dépression, sans le moindre résultat. “Pourtant, elle m’avait dit qu’elle avait fait des études de psychologie”, explique-t-elle.

Ces déviances restent marginales, mais “des charlatans se sont engouffrés dans ce nouveau marché de la souffrance psychique parce qu’ils y ont un intérêt financier”, confirme Georges Fenec, président de la Miviludes (Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires). Il reçoit près de 2 000 plaintes par an de personnes qui s’estiment avoir été victimes de thérapeutes déviants.

Il faut dire qu’entre les psychiatres, les psychologues, les psycho-thérapeutes, les hypno-thérapeutes, les sophrologues, le patient a du mal à faire le tri. Pourtant, depuis juillet dernier, pour tenter de réglementer la profession, l’utilisation du titre de “psychothérapeute” est contrôlée par la loi : seuls les médecins psychiatres, les psychologues diplômés d’un master 2 et les psychanalystes reconnus peuvent l’utiliser. Mais ce n’est qu’un premier pas.

Pour Jacques Borgy, le président du Syndicat national des psychologues (SNP), qui dénonce les lacunes de la loi, “rien n’empêche les psychothérapeutes auto proclamés de changer leur plaque en psychopraticiens ou autres ‘psy-praticiens’”. Il resterait donc encore beaucoup de chemin à parcourir pour sécuriser la pratique des psychothérapies.


Comment repérer le bon praticien ?

Surtout s’adresser à quelqu’un qui a un titre qui vaut quelque chose. Moi, je déconseille fortement les petites annonces des journaux. Il faut se renseigner auprès de son généraliste.


À quoi sait-on qu’il faut aller consulter un psy ?

C’est vraiment quand on a le sentiment très intime, très profond qu’on ne va pas s’en sortir tout seul et que la souffrance qu’on ressent est intolérable. S’engager dans une démarche de psychothérapie, c’est au nom d’une souffrance, ce n’est pas au nom d’un mieux-être.


[2Nouvelles normes puisque le terme existait déjà, comme nom de profession, et est devenu depuis à la fois un nom réservé – en fait un nom de métier mais les pouvoirs publics ne veulent pas entendre parler de profession, cela donnerait un coup de pied dans la fourmillère psychologue-psychiatres – et un titre universitaire, de ce fait dorénavant réservé … à ses nouveaux titulaires. Remue-ménage au sein du Carré psy, pas tout à fait car si certains changent de nom et de poste, les quatre côtés demeurent affectés de la même façon.

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