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ALLO CHARLIE ICI LES PSYS !

Publié le 8 janvier 2015

le rire, outil psychothérapique fondamental
L’islamo fascisme vient de frapper la République. Sans rire ou en riant, maintenons que le droit de rire est imprescriptible. Il suffit de jeter un œil sur la physionomie des assassinés pour repérer qu’elle est spontanément disposée à rire. Demeurons solidaires de cette ouverture libératrice. Nous autres psychopraticiens relationnels, et plus généralement l’ensemble des psys, savons depuis Freud et Le mot d’esprit que l’humour, un des leviers fondamentaux de la compréhension des mécanismes de l’inconscient et de la cathartique décharge émotionnelle, représente un outil psychothérapique universel, en même temps qu’un principe civilisateur essentiel.

Illimité sinon rien
Rire c’est revendiquer le droit de rire de tout. À partir du moment où la secte des Pince sans rire comme les appelait Pierre Dac déclare la guerre aux rieurs et aux faiseurs de rire on entre dans le monde d’Ubu, et ça n’est pas au pays de Rabelais, de Voltaire, de Jarry et de l’invention de la laïcité qu’il faut venir donner des leçons de savoir-vivre "religieux".

respect de l’autre, pas des systèmes
La liberté d’expression est non fragmentable, l’arrêter en un point c’est la limiter et abolir toute entière. Le respect de l’autre est parfaitement compatible avec, même sous-tendu par le salubre irrespect des idéologies, des religions, des dogmatismes, des philosophies.

islamo-fascisme
N’avoir que la kalache [1] comme argument contre l’esprit révèle une profonde misère. Cette misère armée totalitaire porte un nom, le fascisme. Dommage qu’il faille l’appeler par son nom d’islamo-fascisme, au risque de compromettre les musulmans, qu’il menace en tout premier lieu. Mais ça n’est pas la première fois que le fascisme se revêt de l’apparence d’une grande religion, la franquisme l’avait fait avec le Christ-roi, qui n’était à l’époque que la caricature, puisqu’ici il s’agit d’elle, celle du Christ en Christ roi des cons crieurs de viva la muerte, nos nouveaux fascistes n’ont rien inventé.

jamais été aussi libres

Pour reprendre le propos de Sartre, voici qu’à nouveau les français n’auront jamais été aussi libres, qu’au lendemain de ce 7 janvier qui prend l’allure d’un 11 septembre national. Libres d’aimer la liberté, de la dire, de la vivre, quelles que soient les menaces. Libres de choisir au risque de leur vie de rester solidaires de Charlie hebdo et de sa sympathique joyeuse bande respectant non le fanatisme mais les plus hautes valeurs.

psychothérapie et démocratie
Celles sans lesquelles la psychothérapie – en tout cas la relationnelle, devient dans l’instant impossible. La démocratie lui est indispensable. J’ai conduit ce soir un groupe psychothérapique où spontanément les personnes s’interrogèrent sur la condition humaine, fragile, indéfiniment coincée entre barbarie et civilisation, en nous et relativement à la dynamique de l’Histoire. J’en retire le sentiment que mon beau métier sert à quelque chose, il sert le processus d’humanisation de l’humanité. Libérateur des individus, Il est solidaire du combat pour soutenir la liberté, qui n’est jamais donnée mais au mieux transmise, à jamais précaire, qui toujours a besoin qu’on se mobilise pour elle. Et plus si affinité, nécessité ou tragédie.


temps des troubles : vigilance

On pouvait prévoir, à la façon dont des Zemmour, Houellebecq [2], et autres cavaliers seuls se sont vus ces derniers temps hyper médiatisés en chevaliers de triste figure, un effet de déstabilisation à l’issue du crime du 7 janvier. Pourtant si certaines réactions sur les réseaux sociaux ont accompagné l’horreur de leurs vœux, dans son immense majorité la nation a réagi par un réflexe de solidarité et chacun avec sa petite bougie de se demander où et comment l’afficher, la promener, la déposer en autant d’autels spontanés de l’amitié et de la solidarité qui contredisent de plein fouet le discours de la haine. Accompagnons ce mouvement, fortifions-le, prenons garde que la "montée des extrêmes" ne profite chez nous aux nouveaux discours softs des héritiers du fascisme déguisés en politiciens bleus nuit.

ELSA CAYAT, psychanalyste

Sa chronique s’appelait Charlie Divan, notre consœur est morte sous les balles. Nous apprenons ainsi qu’une psychanalyste figure au tableau de chasse à l’humanité des assassins. Nous voici par elle directement, professionnellement, reliés à l’événement. Nous nous inclinons devant son héroïsme. Son positionnement en faveur du Livre noir de la psychanalyse et son appui à Onfray c’est autre chose. On est comme ça à Charlie, il y a de tout. Peu importe, ou tant mieux qu’ils soient de ce genre, à nous de juger, d’exercer notre capacité critique. En l’occurrence la voici assassinée. Honte à ses meurtriers ! Hommage à notre consœur abattue !

Manions prudemment le terme de martyr, pollué par une façon de dire et de faire la bombe humaine coachée intégristiquement qui détourne ce terme de sa signification première de témoin victime de la persécution d’un idéal pour plus d’humanité.


[1] On nous rappelle que la société qui a fondé le nouveau Charlie s’appelait Éditions Kalachnikof, ça ne s’invente pas. Faites l’humour, pas la guerre.
[2] Un artiste a toujours le droit de s’exprimer comme il l’entend et peut à la provoc revendiquer son irresponsabilité. Personne n’est obligé, pensant lui emboîter le pas, de s’embourber. Ce à quoi nous pensons c’est à la campagne de confusion idéologico politique qui l’accompagne.

PH. GRAUER [également auteur du cliché liberté]

Notes

[1On nous rappelle que la société qui a fondé le nouveau Charlie s’appelait Éditions Kalachnikof, ça ne s’invente pas. Faites l’humour, pas la guerre

[2Un artiste a toujours le droit de s’exprimer comme il l’entend et peut à la provoc revendiquer son irresponsabilité. Houellebecq a du talent et une sensibilité d’écorché vif. Personne n’est obligé, pensant lui emboîter le pas, de s’embourber. Ce à quoi nous pensons c’est à la campagne de confusion idéologico politique qui accompagna le lancement de son Soumission.

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