SNPPsy

Psychopraticiens
Psychothérapeutes
Psychanalystes
Psychologues
Médecins
Psychiatres

Actualités

Guérir dit-elle…..

Publié le 14 avril 2016

par Philippe Grauer

Ce titre à la Duras pour accompagner le texte de l’ami Yves Lefebvre.

Profession non médicale
Tout le monde sait ça, on ne guérit pas de la condition humaine, la psychothérapie relationnelle se définissant comme discipline de soin non médical ne procure pas la guérison par surcroît, comme la grâce selon Pascal, parce que guérir au sens médical du terme signifie revenir au bon état antérieur à la maladie, et qu’évoluer psychiquement signifie progresser dans son existence, devenir autre, donc nécessairement faire autre chose qu’opérer un retour à l’état ante.

Bien entendu les personnes qui entreprennent une psychothérapie le font souvent au départ pour se débarrasser de leurs problèmes et de leur souffrance. Yves Lefebvre explique très bien qu’on n’extirpe pas une partie encombrante de soi, un symptôme – un ensemble complexe protecteur encombrant, psychochirurgicalement. Le travail psychothérapique en relation, en interaction dialoguée, peut transformer la donne, rendre le symptôme intelligible sur le mode sensible, et du coup conduire à du changement. Le système de défense et d’expression pathologique peut bouger, la problématique se résoudre, ou prendre un tout autre sens. Cela ne signifie pas une exonération de la souffrance, rassurez-vous, l’humanité demeurant inguérissable.

Rééquilibrage relationnel
La belle expression médecines de l’âme, d’origine psychiatrique, devrait-elle nous conduire à la revendication concurrente de guérison ? Le soin chez nous, le soin pris de soi, le souci de soi, ne cherche pas à rétablir, mais à faire advenir, et devenir. Il demeure que ceux qui s’adressent à la psychothérapie relationnelle, celle qui opère ("soigne" ?) par la relation, lui demandent d’aller mieux, donc moins mal, donc de la guérison : va mal, va psy, va mieux !

Au moins va en paix, ou moins follement, va d’un meilleur équilibre, vis mieux, selon tes propres valeurs réexaminées par toi-même dans le cadre du dialogue relationnel. Alors, peut-être un beau jour ta répétition douloureuse te lâchera-t-elle, au moins partiellement. Après tout, évoluer en mieux, ordinairement ça s’appelle aller mieux : guérir dit-elle ? Quand on sait comment les héroïnes de Duras finissent, on voit qu’il y a de la marge.

Un message, un commentaire ?
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?