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Psychothérapeutes belges, salut et confraternité !

Publié le 5 juillet 2016

Psychothérapeutes belges, salut et confraternité !
par Philippe Grauer président du SNPPsy

Le combat contre la médicalisation de l’existence et la protocolisation comportementaliste du soin, en Belgique comme en France, comme en Europe, continue.

Belgique : abolition de la profession indépendante de psychothérapeute. Psychologues et médecins se partagent la dépouille.
Libération, jeudi 30 juin 2016 –

La Chambre a adopté jeudi soir le projet de loi sur les professions de soins de santé qui limitera à l’avenir la psychothérapie à un type de traitement spécialisé réservé, dans un premier temps, aux psychologues cliniciens, aux orthopédagogues cliniciens et aux médecins ayant suivi une formation complémentaire.
La psychothérapie ne sera plus à l’avenir une profession, mais un acte spécialisé.
La majorité a soutenu le projet de la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) alors que le cdH, le PP et les écologistes se sont abstenus, à l’exception d’une élue Ecolo, Muriel Gerkens, et un élu de Groen, Kristof Calvo.
Le PS, le SPA, le PTB et DÉFI ont voté contre.
Manifestation devant le cabinet
La grogne ne fera donc que s’amplifier devant le cabinet de la ministre de la Santé où les bacheliers et étudiants en psychomotricité ont prévu de manifester ce vendredi.
Car pour eux, ce projet de loi signifie que les bacheliers en psychomotricité ne pourront pas travailler en hôpital ou dans leur propre cabinet. La pilule est difficile à avaler pour les étudiants fraîchement diplômés

Et s’il n’en reste qu’un nous serons celui-là

On vous le disait ici même il y a peu, le chant du cygne de JP Lebrun a marqué l’agonie de la profession libre de psychothérapeute en Belgique. Que va-t-il nous rester en France et en Europe (je parle de l’Europe des peuples, de l’Europe sociale toujours attendue) comme plate-forme de soutien de notre profession ? Il restera nous ! et ça n’est pas rien, pour peu que les intéressés, nos patients, obstinément, continuent de s’adresser à nous, dernier recours. La médicalisation de l’existence ne peut pas dissoudre la psychothérapie relationnelle.

Vous et moi souvenons-nous en.
Nous avons fait des clairs de lune
Chante le poète, oui, la médecine organiciste a fait des miracles. Les clairs de lune n’abolissent pas le soleil. Les progrès de la médecine scientifique ne constituent nullement une raison pour entreprendre de nous éradiquer. Science n’est pas scientisme. L’homme ne vit pas seulement de science mais de parole.

Profession de santé non médicale
Qu’importe à présent qu’on nous tue poursuit Aragon. Il importe si bien que nous serons increvables, décidés à vivre, au plus vif de la vie de notre métier, de nos valeurs, de notre savoir faire-être, de nos organisations historiques responsables, il importe si bien que la médecine n’aura jamais notre peau, qu’aucun Round up jamais ne saura déraciner le chiendent que nous sommes et entendons demeurer mordicus, consolidateurs du terrain et tissu social, agents d’une profession de santé non médicale, plus que jamais alternatifs, obstinés comme la vie même, plus que jamais indispensables, combatifs, incontournables, déterminés.

Pour une politique de santé pluraliste et humaniste
La psychothérapie belge a perdu une bataille, la guerre contre un autoritarisme néolibéral, contre le biopouvoir tôt discerné par Foucault, contre l’arrogance d’une profession corporatiste mange-tout, contre l’idéologie du conformisme hégémonique d’une médecine organiciste positiviste (la religion de la science reste une religion), contre l’intolérance. La lutte pour la psychodiversité, se poursuit, et nous la mènerons jusqu’à son issue démocratique. En ces temps difficiles il est de notre devoir d’annoncer notre irrésistible victoire finale (oui je sais, finale peut-être mais non définitive). Cela nous coûtera et constitue un lourd dommage pour la santé publique qu’on prétend protéger, pour notre profession, pour ceux pour qui elle constitue un précieux recours. Nous organiserons la nécessaire Résistance, qui correspond aux intérêts d’une politique de santé humaniste, au service du public.

Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent
Pour finir comme a commencé cet article avec Victor Hugo, n’oublions pas que ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent. La pugnacité pour un système de valeurs juste en matière de santé mentale publique, pour la liberté de choix de son psychothérapeute, sécurisée par les organisations historiques responsables de chaque pays, pour limiter l’hypermédicalisation de l’existence, c’est comme diraient nos arrogants médecins confiscateurs, très bon pour la santé.
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