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Quel avenir pour le métier de psychopraticien ?

Publié le 31 mars 2017

Table ronde du 21 janvier 2017 SFG/ CEGT : intervention de notre présidente, Myriam GOFFARD.

Quelques réflexions proposées par le SNPPsy
Tous nos remerciements à Philippe Cardot et aux différents responsables gestaltistes pour cette invitation qui va dans le sens du dialogue et de la rencontre, tel que l’exige le paradigme au fondement de notre humanité : la relation, et repris dans ce qui fonde notre compréhension de la psychothérapie, une psychothérapie dont l’efficience est liée à la qualité de la relation entre le praticien et le patient (ou le client) et tel que cela a été promu dans notre projet d’orientation voté à l’unanimité lors de notre Assemblée générale du 25.11.2016.

Nous considérons que si tout métier évolue, se modifie tant dans ses formes que parfois dans son but au cours du temps (en général une vingtaine d’années), notre métier de psychopraticien relationnel pourra perdurer dès lors que l’on se pose la question de sa pertinence, de son utilité et de ses exigences, et que nous proposons des prestations avec sérieux et rigueur éthique.
C’est ce que nous avons choisi de faire dans notre syndicat. Avoir une pensée régulière,
maturante lors de nos CA et de nos diverses activités au sein des commissions, journées d’études et réflexions dans les antennes afin d’être en mesure de proposer à notre AG les recommandations et orientations qui peuvent favoriser la pérennité de notre métier.
Garantir à partir d’un code de déontologie et d’un accompagnement de nos membres, la qualité professionnelle des praticiens de la psychothérapie relationnelle, des psychothérapeutes et psychanalystes qui sont animés par ce désir éthique.

Si une formation dans une école, voire plusieurs, peut nous autoriser à nous
reconnaître d’une profession, c’est-à-dire qu’une méthode forme généralement à une posture, une façon de se tenir face au patient, et on peut dès lors se présenter comme gestaltthérapeute, analyste transactionnel, hypnothérapeute, analyste tridimensionnel, thérapeute humaniste, systémicien, etc., il est cependant important de distinguer la profession du métier, ce dont on vit entre autres financièrement, et qui fait poids sociologique, poids indispensable pour être en représentation active dans la population et face au politique.
Ainsi le métier de « psychopraticien relationnel » spécifie le professionnel qui exerce la
psychothérapie selon nos cinq critères à partir du terme proposé par le GLPR (1), pour celui qui n’a pu ou n’a voulu se référer au titre de psychothérapeute légiféré (2), et correspondant anciennement au nom de métier de psychothérapeute.

Notre syndicat a choisi de protéger l’avenir de l’exercice de la psychothérapie relationnelle en favorisant et soutenant le professionnalisme de ses membres. Cela se fait à partir d’une reconnaissance de la manière dont ils se tiennent face à leurs patients et de ce qui les autorise à se prétendre du métier à partir de l’intégration de :
- leur travail de thérapie personnelle,
- de leur formation en psychopathologie et aux enjeux de la psychothérapie suivant une approche choisie (approche monoréférencée, intégrative ou multiréférentielle suffisamment pertinente pour appréhender la souffrance du sujet, intra ou intersubjective et le maniement de l’accompagnement),
- de l’exercice de l’acte de supervision
- de leur manière de laisser orienter leur pratique par le code de déontologie, dans le cadre d’entretiens régionaux pour l’adhésion et nationaux pour la titularisation.

Sur un plan médical et politique, nos critères deviennent communément admis même s’ils n’ont pas été repris dans le cadre de la législation du titre de psychothérapeute. Les universités de médecine encouragent leurs futurs spécialistes en psychiatrie à l’exercice de la supervision et à faire un travail sur soi pour mieux appréhender les mécanismes psychiques à l’oeuvre.
Cependant, la visée reste essentiellement didactique, il n’est pas encore question de donner consistance à son propre psychisme comme qualité essentielle ni d’approfondir les motivations plus obscures et inconscientes qui orientent le choix d’un métier et d’un type de patients.
Ainsi, nous avons affaire à un paradoxe, si nous avons réussi sur un plan culturel à
montrer la pertinence de ce qui peut fonder un praticien de la psychothérapie en qualité, nous nous heurtons à cette pensée que seul un titre universitaire rassure pour légitimer un métier, et que seul le savoir sur un objet à partir d’une recherche expérimentale objectivée serait pertinent pour penser la souffrance et le mal-être du sujet et ses modes d’accompagnement.

Le ministère de la santé, selon différentes études publiées, sait maintenant que le soin par la psychothérapie est moins onéreux que le traitement médicamenteux, sauf que le nombre de séances serait organisé en fonction du diagnostic de trouble et que suivant celui-ci, il est prévu de 1 à 10 séances maximum et ceci suivant ce qui est reconnu comme le trouble le plus grave lié à une mélancolie sévère.
Ce dispositif a un sens dès lors que la psychothérapie n’est plus pensée comme le soin d’une psyché qui réclame temps et investissement mais plutôt comme une psychoéducation qui vise à permettre au patient de mieux connaître ce dont il souffre et d’apprendre les formes de vie et les geste quotidiens adaptés à sa situation.``

Les psychiatres ne sont pas ouverts aux dispositifs légaux qui imposent des temps de
psychologues dans les institutions, temps d’ailleurs très partiels qui participent à la
précarisation de cette profession. Ils sont peu favorables à être confrontés par une autre autorité de compétence et préfèrent des infirmiers formés à la psychothérapie, voire plutôt à une technique de soins, ce qui est plus cohérent avec la logique de ce à quoi ils sont formés. Ainsi, ce soin devient l’objet d’une prescription à charge du personnel soignant.

Nous avons donc à protéger une forme de pensée concernant le fonctionnement psychique, veiller à ce qu’elle soit suffisamment pointue pour être prise en compte par les différents acteurs politiques, médicaux et sociaux, à proposer une alternative digne d’une démocratie pour une certaine approche et une liberté de soin et d’accompagnement fondée sur les nécessités de ce qui nous fait advenir à notre humanité : la relation humaine.
Ceci ne peut se faire que si nous sommes irréprochables tant dans la qualité de pensée de nos actes psychothérapeutiques que dans nos qualités éthiques.

(1) groupement de liaison pour la psychothérapie relationnelle
(2) titre accordé par l’ARS sous réserve de conditions

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