Devoir de résistance

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Devoir de résistance

Publié le 3/10/19

Devant la médicalisation de l’existence et l’hyper réglementation qui menace en particulier notre profession, en voulant réduire la psychothérapie à un acte paramédical, mais qui menace plus globalement la qualité de la vie sociale, les relations humaines et la culture, notre premier devoir est de résister. Ce n’est pas le temps des compromis.

Il nous appartient de faire valoir les deux formes des soins de l’âme, psychothérapie dans l’origine grecque du mot, il y a un aspect médical qui s’occupe des troubles mentaux pour aider les personnes à recouvrer la santé psychique, et un aspect philosophique visant à accompagner une personne dans la réalisation d’elle-même, c’est-à-dire lui permettre d’advenir comme sujet de sa propre vie, les symptômes pouvant alors guérir de surcroît selon le mot de Lacan. Là se trouve l’objectif de la psychanalyse, méthode qui date un peu, bien qu’elle ait fait ses preuves, et de la psychothérapie relationnelle sa cousine contemporaine en plein développement, riche d’un avenir prometteur si on ne lui coupe pas les ailes…

Ces deux sens du mot psychothérapie, le philosophe et le médical, ont chacun leur valeur et leur nécessité dans la société. Ces deux psychothérapies s’adressent à des publics souvent différents dans leurs motivations mais parfois se complètent voire s’entremêlent quand la réglemento-mania ne s’en mêle pas.

Le monopole d’une forme au détriment de l’autre serait une perte inestimable. Je préfère au restaurant fromage et dessert plutôt que fromage ou dessert ; et surtout plutôt que fromage tout seul ; fromage qu’espèrent certaines corporations qui voudraient bien le monopole du mot psychothérapie à leur seul avantage, au risque de l’asphyxier en le réduisant à un seul de ses poumons, sous contrôle médical remboursé par la Sécurité sociale.

Il y a donc une psychothérapie non médicale à faire redécouvrir au public en quête de sens, qui conduit à la responsabilisation et l’accomplissement de soi par soi-même et à une nouvelle qualité relationnelle, dans une société qui perd le sens chaque jour un peu plus..

Au SNPPsy nous sommes dépositaires du sens originaire du mot psychothérapie: soin de l’âme. Il fait notre combat, notre résistance. Cette psychothérapie-là, née dans la liberté de pensées philosophiques visant à faire advenir un sujet libre et autonome, ne peut pas se voir réglementée par le ministère de la Santé sur un simple cursus universitaire dont l’objectif et les moyens ne confèrent pas l’aptitude à établir la capacité thérapeutique, au sens philosophique du mot. Il s’agit d’une relation particulière qui déclenche le processus de subjectivation, processus où l’on ne peut accompagner autrui sans l’avoir expérimenté sur soi.

« Connais-toi toi-même et deviens qui tu es » voire même « et tu connaîtras l’univers et les dieux » devient aujourd’hui plus nécessaire que jamais pour que chacun retrouve un sens à sa vie et s’accomplisse dans sa forme d’être personnelle, en relation à d’autres sujets, à l’opposé de la consommation mondialiste et des objectifs de la finance internationale qui gagnent à tout normoser.. Là se trouve notre « psychothérapie », notre soin de l’âme, relationnel. C’est l’un des meilleurs contre-poison aux maux de notre société.

Chacun selon ses compétences peut faire valoir ces idées, en parler à son député, aux journalistes, le dire de toutes sortes de façons sur les réseaux sociaux, diffuser les livres La Psychothérapie relationnelle, L’Éthique relationnelle en psychothérapie, Manifeste pour une psychothérapie relationnelle ou d’autres livres traitant du même sujet, etc. Chacun selon ses possibilités et ses initiatives, conscient que sans la résistance de tous la psychothérapie sera bientôt paramédicalisée et les praticiens en psychothérapie relationnelle, relégués dans une nébuleuse de conseillers et aides divers à la personne, mais interdits de nommer et même de pratiquer leur spécificité…

Sans résistance, ce beau métier si exigeant disparaîtra et ceux qui rêvent de caresser le lion pour l’amadouer finiront dans son assiette !

Yves Lefebvre

Psychopraticien relationnel

Titulaire du SNPPsy

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